Quelles passions ?La créativité et la pratique sont un moyen pour les adolescents de s’évader, de se divertir. Mais les différentes pratiques à savoir l’art, les sports, la danse et la musique, dont l'existence dans la culture urbaine, ont parfois des conséquences plus importantes sur les jeunes. En effet, si certains en font leur passe-temps, d’autres les prennent comme de véritables passions, articulant ainsi leur vie et les distinguant du commun des individus. Comme des individus qui en grandissant vont même jusqu'à s’engager dans leur passion, modifiant ainsi leur mode de vie. |
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Un véritable processus de socialisationCommençons tout d’abord notre analyse avec les sports urbains. Qu’est ce qu’un rider ? Un skateur ? Un amateur de roller ? Si pour certains, il ne s’agit que d’un simple adolescent qui s’amuse à des jeux dangereux, pour d’autres, il s’agit d’un véritable « rebelle » dégradant l’environnement. Mais ces préjugés sont-ils vrais ? De plus, le skateur sera encore plus vu avec un aspect négatif s’il est adulte et non adolescent. Car oui, ces différents sports urbains peuvent l’accompagner de son adolescence jusqu’à ce qu’il soit adulte, ce qui va devenir pour l’individu un véritable mode de vie : « une passion ordinaire, qui guide manière d’être et de faire » nomme Christian Bromberger. Mais ces différents sports urbains vont contribuer à la socialisation des jeunes, processus par lequel l’individu va intégrer, apprendre et intérioriser les normes et les valeurs du groupe, d’une culture auquel il veut appartenir. Ils vont ainsi, par l’intermédiaire de ces sports, se forger une identité, une image de jeunesse, se différencier de leur groupe d’âge. Par exemple, lorsque l’on demande aux filles pourquoi elles aiment le skateboard, elles affirment une dimension distinctive. En effet, ces sports urbains, souvent définis comme étant des sports de « garçon », leur donnent une image de « garçon manqué ». L’engagement dans ces différentes activités sportives s’entreprend lors de l’adolescence, c’est à dire lors de la phase de découverte, de questionnement sur soi-même, de l’auto apprentissage, ou l’on se détache, devient autonome par rapport à sa famille. Le groupe de pairs auquel l’individu va appartenir est donc important. Ces groupes aux tranches d’âges très larges, fondés sur un partage passionnel et un engagement fort, sont des agents socialisateurs très important. Les différents stéréotypes attribués à l’adolescence tel que la rébellion, l’instabilité, contribuent au choix de ces différentes pratiques, suscitant ainsi provocation et transgression. Ces adolescents, échappant à l’encadrement, inventent ainsi leurs propres normes et valeurs. Ce qui montre bien l’aspect autonome de ces pratiques mais aussi le mode passionnel. En effet, elles ne sont pas perçues par les individus comme de simples loisirs, cela va beaucoup plus loin, elles ont pour eux une signification bien plus importante et plus complexe que ce que pourrait penser les individus « en dehors » de ce monde. Elles sont passion parce qu’elles sont centrales dans la vie de l’individu, elles l’organisent totalement. Christian Bromberger s’est intéressé à ces passions, les décrivant ainsi comme des passions en lien avec la centration forte sur l’individu, la valorisation de l’accomplissement de soi et comme il dit : « les tâtonnements multiformes » qui caractérisent la diversité et la place qu’elles peuvent prendre dans les innovations sociales et culturelles. En observant la société actuelle, on peut voir que ces pratiques sont présentes dans la publicité, la mode street wear ect. Ce mode de vie autour d’un engagement passionnel est le fait d’une grande part d’adultes, pratiquant ces différents sports. Certes, la pratique est différente et n’est plus tout à fait la même que durant leur adolescence mais l’état d’esprit reste le même, avec en plus l’obtention d’un savoir accumulé grâce aux différentes expériences. Car si la première génération des pratiquants a longtemps contribué à la naissance de ces mouvements en France et en Europe, elle a majoritairement « vieilli ». Ces « jeunes » approchant de la quarantaine, sont aujourd’hui des personnes possédant des connaissances inimaginables, ils sont porteurs d’une histoire et en raison de cela, s’investissent pour diffuser l’esprit culturel de ces différentes pratiques. Ces passions, déclinées comme un style de vie, constituent un véritable mode de reconnaissance entre ceux qui la partagent. En effet, les liens sont forts entre les mêmes pratiquants d’une même discipline puisqu’ils ont en commun ce monde qu’ils ont créé, qui les caractérisent. Voici deux témoignages de skateur, prit sur un site (voir bibliographie), qui illustre bien cette idée de culture universelle :
Ces deux skateurs, dans leurs récits, rendent compte des moments qu’ils ont vécu. Ces moments de joies, entre eux, bien loin de la routine quotidienne, sont centrés sur leur passion. La recherche de nouveaux lieux, les voyages, les rencontres traduisent la vie collective du skate, l’amitié, la solidarité du groupe et le plaisir de faire la fête. Ces jeunes ont ainsi leur propre culture : « en se constituant comme univers autonome, les bandes donnent naissance à des cultures spécifique qui sont des synthèses de culture de classe (sociale), de sous classe (marginale) et d’âge (juvénile) » expliquait Jean Monod lorsqu’il étudiait les bandes au XVIIIe siècle. Pour ce qui est de l’art, de la musique et des danses, c’est le même processus. Il s’agit d’un engagement dans un mode de vie, devenir artiste, danseur, rappeur ect. Comme pour les sports urbains, les individus, échappant à l’encadrement font que ces différentes pratiques autonomes se définissent sur le mode passionnel. Encore une fois, nous allons appuyer par divers témoignages prit d’un site (voir bibliographie), que ces pratiques sont centrales dans la vie de l’individu et l’organisent : Voici le témoignage d’un graffeur, expliquant sa passion pour l’art urbain :
De plus, il ajoute le coté collectif de sa passion, le partage des émotions avec le groupe auquel il appartient :
Voici maintenant le témoignage d’un danseur, expliquant lui aussi son vécu et sa passion pour la danse :
Il souligne de plus lui aussi l’aspect collectif de cette culture universelle :
Enfin, ce dernier témoignage qui est d’un danseur nous montre que même adulte, ces danseurs, ces graffeurs poursuivent leur activité puisque comme les skater, les rider et les amateurs de roller, cette passion qu’ils ont eu étant plus jeunes n’a cessé de continuer :
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Christian Bromberger ![]() Portrait de Jean Monod ![]() |
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