A)ORIGINES, INFLUENCES ET EXPANSION

Né à la fin des années 70, début des années 80 aux Etats-Unis, le streetwear marque le tout début, en Californie, des sports de glisse comme le surf ou encore skate ainsi que l’émergence de la musique Hip-Hop. Il trouve donc ses racines dans ces mouvements urbains qui sont dictés par une sous-culture caractérisée par l’expression de soi et l’individualité. Il arrive en France approximativement au début des années 90, avec la naissance de certaines marques françaises comme Homecore ou encore Com8. “La Haine”, film français, contribuera à populariser cette culture urbaine qui depuis, ne cesse de se développer.

Dans les années 80, sur les plages de la cote californienne à Laguna Beach, l’inspiration s’avérait bel et bien être le surf puisque c’est un surfeur, Shawn Stussy qui crée tout d’abord une marque de sportswear : Stussy. Il commença tout simplement par tatouer sa planche de surf de son prénom sous forme d’un petit tag au marker indélébile. Par cette habitude, il continua par la suite à user de son nouveau logo pour taguer toutes sortes d’articles urbains qu’il trouvait : polos, casquettes, t-shirts, bobs… Aujourd’hui il s’agit bien d’une des seules marques à avoir commence tout en bas de l’échelle, Shawn Stussy vendait ses premières créations sportswear sur la plage depuis sa voiture. Grace à sa stratégie, la marque a réussi à s’exporter, réussissant ainsi à être présente lors de la massive vague d’intérêt du streetwear qui touche les Etats-Unis dans les années 90. Faisant partie de la culture urbaine, ses différents modèles ont rapidement plu aux adeptes du hip hop, du style Punk ainsi qu’à beaucoup d’autres mouvements urbains. Le hip hop et le punk, deux genres musicaux qui embrassent un do-it-yourself éthique, qu’on peut traduire par « faites le par vous même » provoqué par le refus de la culture « formelle ».

Stussy maitrise aujourd’hui parfaitement la sortie de ses collections. Elle a également su s’exporter comme marque streetwear en Asie et en Europe. Elle a aussi ouvert une soixantaine de boutiques dans le monde à son propre nom sans compter les magasins multimarques ; elle a ainsi sur jouer sur le phénomène de rareté, concept prédominant dans l’urban wear en général.

Le style urbain a ainsi su se développer dans de grandes capitales américaines comme, entres autres, New York et Los Angeles mais également au Japon avec sa capitale Tokyo apportant de nouvelles influences (notamment celle du manga), à Londres en Angleterre ou encore à Berlin.

Ces influences ont tendance à être de «la rue» en intériorisant tout ce qui les entoure, comme les graffitis, exprimant dans certains cas des idées politiques et sociales d’aujourd’hui. Par ailleurs il est vrai que ce genre s’est popularisé ces dernières années, touchant aujourd’hui une plus grande partie de la population comme les femmes de plus en plus attirées par un style plutôt masculin.

B)Deux marques             streetwear:             Supreme et BAPE

  • Supreme

 « Supreme » clothing a réussi à se hisser parmi l’élite du streetwear . Cette marque est évidemment issue de la mode urbaine dans les rues new yorkaise, elle avait été conçue dans le but de devenir, elle-aussi une marque de sportswear comme Stussy dont nous avons parlé précédemment, avec comme discipline le skate. Apparu à New York dès 1990, Supreme resserra les liens entre ses différentes inspirations des courants de skates, punks et mouvement hip hop afin de poursuivre sa médiatisation et son succès commercial. Elle a su dominer le marché en maitrisant sa distribution pour susciter une demande très largement élevé par rapport à une offre faible. Grace à ce choix stratégique, les prix continus à grimper, chaque collection est très attendue. Son style, son originalité, sa qualité ainsi que son authenticité ont réussi à forger une réputation qui lui vaut aujourd’hui la reconnaissance des pionniers comme une des marques les plus prisées du streetwear. Elle a aussi été au cœur de plusieurs collaborations avec des artistes de Street art comme Jean-Michel Basquiat ou des acteurs comme Bruce Lee ou encore avec Nike et Levi’s qui lui permis de développer sa renomée.

  • BAPE

 La marque connue sous le nom de « Bape » (A Bathing Ape) apparue dès 1993 et crée par l’artiste Japonais « Nigo », commença à se développer dans les rues du quartier de Shibuya à Tokyo. Aujourd’hui, elle est si appréciée qu’elle sert de terrain de création pour de nombreux illustrateurs et dessinateurs adeptes de la culture mangas. Principalement orienté vers les t-shirts hip hop, ses toutes premières collections sont basées sur le thème des premiers films de la série télévisée : La planète des singes. Il s’agit d’une des toutes principales marques de streetwear Japonais à s’être exportée facilement aux Etats Unis en partie grâce à une attraction par des artistes très médiatisés comme le groupe N.E.R.D dont le leader est Pharell Williams pionnier de l’industrie musicale ou encore le rappeur américain Lil Wayne. Bénéficiant de cette « pub », Bape devient rapidement une marque de référence très prisée.

                             Pharrell Williams 

                       Affiche du film : La Haine 


                                   Shawn Stussy 























                    Le logo de la marque Supreme 



                             Supreme x Bruce Lee 


  Le logo de la marque BAPE, représentant une tête                                          de singe



Chacune de ces marques détient un parcours différent puisque deux d’entre elles se destinaient au sportswear : Stussy et Supreme tandis que Bape se voyait plutôt dans une mode hip hop. Toutefois la passion de la culture urbaine en a décidé autrement et le streetwear a pu rendre hommage à ses marques pionnières sans qui la mode n’aurait pas le même parfum en particulier pour la jeunesse d’aujourd’hui. Le streetwear a toujours été comme une forme d’expression et c’est grâce à cette volonté que tout a commencé. Ses racines anarchistes ainsi que son opposition à la société contemporaine sont pour tous une façade sur laquelle on peut apprécier sa véritable signification.