Aux origines du mot hip-hop

C’est à la suite de plusieurs origines étymologiques que le terme de « hip‐hop » est né.

Il évoque donc plusieurs idéologies et plusieurs aspects. « HIP » est un terme né dans les ghettos noirs américains, signifiant originellementparlant selon son argot « Hep », « être affranchi » mais également « compétition ». Il a également une multitude d’autres significations comme « débrouillard » ou « à la mode ». « Hop » quant à lui est une onomatopée associée à l’action de « sauter ». L’association de ces deux termes définit alors la plus ancienne appellation de la dance, puisque « To Hop » signifie danser.

Par la suite le « Hip-hop » fut allié aux différentes figures artistiques réalisées par les break-dancers du Bronx (lieu principal de développement de ce mouvement). Au niveau social le Hip-hop évoque la progression et la créativité ; naissance du « Bebop » après la seconde guerre mondiale. Il oppose également différentes visions de la société.

Les « MC’s », autrement dit les rappeurs, utilisaient cette expression dans les soirées, puis dans leurs musiques, propageant ainsi ce mouvement au sein du Bronx, puis des Etats Unis, jusqu’à toucher l’ensemble de la planète.

La naissance du Hip-Hop dans la musique aux Etats Unis

C’est dans les années 1960 que le rap s’est principalement développé. Ce style musical est un mélange entre « jive talk », chant public et « durty dozen » (autrement dit bataille verbale), ceci donnera naissance aux « M.C. Battle » hip-hop. Cet échange rapide d’arguments verbaux est à la fois esthétique et engagé au milieu des années 1970. Si le rap a connu une telle ampleur, c’est en partie grâce à Clive Campbell. Originaire de Jamaïque, il s’installe à New York en 1967 où il mixe toasting et sound system. C’est à partir de 1970 qu’il s’intéresse aux musiques socialement riches avec un rythme entrainant : le funk.

La renommée de sa discothèque et l’importance de sa culture musicale (entre traditions jamaïcaine et musique de rue), Clive Campbell, désormais connu sous le pseudonyme de Kool Dj Herc, devient le premier organisateur de « Block parties » (soirées et musiques improvisées). Soirées après soirées des représentants de quartier viennent animer et mettre l’ambiance (début des affrontements verbaux rimés et rythmés). Sa popularité grandira au même rythme que ses soirées. Il deviendra également l’inventeur du break prolongé (Définition : passage rythmique d’un morceau de musique où tout instrument disparaît au bénéfice du tempo nu, en combinant avec l’aide de deux platines et une table de mixage deux morceaux identiques). Grâce aux platines Kool Dj Herc pouvait mixer deux musiques simultanément afin de créer un mélange de rythmes.

Ce phénomène se répand de plus en plus au sein du Bronx avec Afrika Bambaataa, (membre du groupe des Black Spades) qui se lance dans une carrière de discjockey et va ainsi être l'un des créateurs de la musique hip-hop. Les blocs parties dépassent petit à petit le frontières du Bronx pour toucher le Quenns, Harlem et même Brooklyn.

Les clubs et boites de nuit de Manhattan et des banlieues alentours sont de plus en plus envahit par les MC’s , jusqu’en 1979 avec « Rage against politic ».

 

L’évolution du Hip-Hop 

L'apparition des radios libres en France a permis au rap de se diffuser, jusqu’à la création de l’émission « Hip-hop » sur TF1 présentée par Sidney en 1984. C’est suite au lancement de l’émission que le hip-hop s’est popularisé en France. A l’époque le hip-hop musical n’est pas encore très répandu tandis que le hip-hop chorégraphique fait déjà des ravages dans les rues de la capitale. Entre 1985 et 1986 le groupe Public Enemy crée du renouveau au rap puisqu’il ne sert plus à animer un côté festif mais plus à dénnncer les inégalités, politiques, sociales et raciales. Vers la fin des années 80 les artistes Assassin, NTM et MC Solaar enflamme l’antène de Radio Nova lors de freestyles. Des compilations telle que Rappattitude montrent l’ampleur du rap français et de cette première génération de rappeurs. Le style américain domine encore le reste du monde dans le domaine du hip-hop.

Dans les années 90 le rap prend une dimension dénonciatrice et revendicatrice, de part la puissance des textes. C’est alors que de grands artistes tel que Snoop Dogg et Dr Dre entrent dans l’histoire. En France le titre « Bouge de là » de Mc Solaar encre le rap dans la culture musicale française. 

Des artistes tels que 2Pac, Jay Z, Notorious BIG… changent le rap américain entre 1995 et 1996. Le gangsta rap parle lui de violence et de règlement de compte entre la West cost et la East cost.

En France c’est plutôt un rap doux et léger qui envahit les ondes radios, avec les musique de Mc Solaar, Ménélik ou encore Doc Gyneco. Certain iront même jusqu’à recevoir des prix tels que les Victoires de la musique. En revanche d’autres artistes tels que Ministère AMER ou NTM continue de faire des albums issus d’un rap trash et incendiaires.

En 1998 le mouvement hip-hop musical a évolué considérablement tandis que l’art de rue et la danse se sont petit à petit éteints. Le rap va alors explosé aux yeux du monde. Par la suite des crews se forment en France (Secteur Ä) et aux Etats unis où un véritable rap bizness va se créer. Les anciens artistes tels que NTM vont alors moderniser leur rap pour lui donner un nouvelle identité, le rap français veut prendre le large vis-à-vis de son influence américaine.

Skyrock va devenir la radio consacrée exclusivement au rap français promouvant ainsi les nouveaux crews. Une division va alors se créer entre le rap underground (lieu d’expression du style de MC) et le rap commercial (radio, source d’argent…). Cette séparation peut être associée à Stomy Bugsy car ce dernier est passé d’un registre des plus hardcore au plus commerciale. Ce ne sont pas les artistes qui font des titres commerciaux, ce sont les maisons de disques qui sélectionnent les morceaux qui plairont le plus aux auditeurs, créant ainsi une image fausse du rap français. Les crews s’unissent alors pour descendre ces maisons de disques qui tuent le rap et ses principes. L’album « 4ème » de NTM crée l’effet d’une bombe à sa sortie et va ainsi relancé le vrai rap et unir les rappeurs les plus célèbres aux rappeurs inconnus à travers le reste de la France. Les concerts vont alors remplirent les plus grande salles. Malgré des débuts difficiles le rap français a su s’adapter et se faire une place dans la société musicale française. La censure exercée sur les rappeurs va alors peu à peu s’estomper.

Dès 1999 la guerre des coast (West Coast VS East Coast) aux Etats Unis à conduit à la perte de 2Pac et Biggie. Les années 2000 promettent un enrichissement des albums et de leur qualité. L’ensemble de la communauté rap dirige la création des disques et leur distribution. En 2000 le rap devient facile à produire et plait énormément aux jeunes. Il se popularise et s’étend désormais sur les différents pays d’Europe, ainsi qu'au Canada et à quelques pays d’Afrique comme le Sénégal et l’Algérie. Le nombre de rappeurs augmente d’autant plus que des crews se crées et des rappeur se lancent dans des carrières solo. L’évolution de la qualité fait de sorte qu’un nouvel album est toujours mieux que le précèdent.

En 2002 le rap connait un renouveau puisque les instrus (musique de fond) prennent une forme plus électro et plus rapide. Les textes deviennent plus commerciaux et moins revendicateurs. Les rappeurs s’éloignent du rap gangsta pour se diriger vers un rap plus populaire, dans le but de gagner le plus d'argent possible. 

Le rap français semble être sur une bonne lancé mais malheureusement les gens commencent à parler de guerres des gangs et de problème d’argent sal. Skyrock était la seule radio à valoriser le rap au sens large, mais par la suite elle préfèrera diffuser des tubes qui vendent aux tubes qui parlent. Ce n’est que la nu que l’antenne reste libre et à disposition des artistes ayant un réel message à transmettre.


La culture hip hop s’inscrit également dans une gestuelle : La danse de rue

La naissance du Break Dance reste très difficile à dater. On le situe vers la fin des années 1970 à New York suite à l’évolution de différents styles de danses issue de l’immigration. Les danses les plus populaires de cette époque sont le « Popcorn » et le « Good foot » ; toutes deux issues de chansons des James Brown intitulé Popcorn (1969) et Get on the good foot (1972). Les quelques pas de danse qu’elle met en scène dans ses spectacles deviennent populaires aux seins des ghettos noirs américains. Cette danse se base sur la coordination de mouvements énergétiques voir même acrobatiques, rythmés par des mouvements de pieds calqués sur le tempo de la musique.

C’est alors à partir de ce moment et principalement dans le Bronx que les « Battles » de danse de rue sont nées. Ce nouveau style de danse n’est pas aussi nouveau puisqu’il s’inspire de plusieurs autres danses comme le Swing, les Claquettes ou encore le Charleston. Cet envie d’affrontement et de défit se développe dû à l’ambiance de « Gangster » qui règne dans les banlieues, accentué également par les concours télévisés (très en vogue à l’époque).

Le hip-hop s’est également inspiré du Lockin’, étant la danse la plus populaire vers la moitié du côté ouest américain. Créée vers 1970 par Don Campbell, cette danse nait d’un ensemble de mouvements issus de dessins animés, d’action du quotidien ainsi que certain mouvement associés aux mimes. Cette danse fut également influencée par le Popping, danse basée sur les Electric Boogaloos, groupe de danse à la mode à l'époque. Ce style chorégraphique est très varié car il regroupe un panel important de différents styles de danse. Le Popping est une danse aux mouvements saccadés, fait de contractions musculaire, de pulsions et décompositions corporelles (les extrémités du corps comme les bras et les jambes sont les plus sollicités). Le danseur est alors comparé à un robot, il va ainsi contracter ses muscles au rythme de la musique, le corps humain étant conçu d’un nombre incalculable de muscles, l’effet visuel produit sera d’autant plus important que le nombre de muscle contracté sera grand. 

De nombreux Funkstyle permettent de compléter le Popping:

  • Le gliding, connut son heure de gloire grâce à Michael Jackson car il inclue des pas tel que le moonwalk (déplacement au ralenti sur la pointe des pieds) et tout autre style d’airwalk.
  • Le tutting, en France, cette danse est appelée Tetris car on associe le jeu du même nom au figure qu’exécutent les danseurs a l’aide de leur bras en formant des angles rapidement. On le surnomme également « égyptien » en référence aux fresques retrouvées dans les vestiges de l’Egypte antique.
  • Animation, cette danse est très réputées au Japon car elle a fait le succès des groupes U‐min ou Hamutsun Serve (groupes célèbres au Japon). Ce style représente bien plus qu’une simple chorégraphie, elle amène la danse et la musique à un niveau extrême, créant ainsi un effet visuel incomparable.
  • Le ticking, cette technique caractérise la contraction rapide et simultanée des muscles en étant parfaitement coordonné avec la musique.
  • Le robot , ce style est plus abordable pour les personnes ayant aucun don pour la danse, puisqu’en effet il est visuellement plus facile à reproduire que le popping. La simplicité du robot et qu’il ne nécessite ni pulsion ni contraction… Ce style consiste tout simplement comme on nom l’indique à imiter la gestuelle d’un robot.
  • Le waving, ou mouvement de vagues, consiste à faire des ondulations corporelles avec les épaules 
  • filmore, est un style de danse inspiré des attitudes et positions militaires. Comparer aux autres, ce style de danse ne nécessite aucune base musical puisque les danseurs émettent eux même des sons accompagnés de pulsions exécutées par les danseurs sur les différentes parties de leurs corps.
  • liquid pop, né dans les raves party des années 90, le liquid pop va se développer aux sons des musiques technos, voir même psychédéliques. Création d’un style musical, la transe qui jouera un rôle important dans l’évolution de ce style. Les danseurs doivent imaginer qu’un liquide, une énergie prend possession d’eux. Cette sensation ressentit par le danseur, l’amènera à exécuter des ondulations plus ou moins prononcées ou rapides.
  • L'upwork, consiste à créer une sorte de bataille entre deux groupes de personnes ou le plus souvent deux personnes, sur des musiques très rythmées comme le funk ou le rock. Cette danse se compose de freestyle accompagné de mouvement de pied et de rotations et plus particulièrement de mouvement que l’on appel jerk. Les mains sont associées aux fusils de chasse et aux arcs, donc l’attaque. En revanche les participants n’ont le droit à aucun contact physique. Les éléments à prendre en compte pour le choix du vainqueur sont la créativité et la coordination des enchainements sur la musique.

Le hip-hop dans d’autres danses : 

  • La House , cette danse issue du hip-hop est née à Chicago durant les années 80. Ce n’est qu’au milieu des années 90 que la House s’introduit en France. La house, à son commencement, ne se dansait pas dans des boites de nuit mais dans des hangars désaffectés. Le mot "house" est donc un diminutif de Warehouse Music, sous-entendu musiques des entrepôts.
  • Le New Style, n'est pas considéré comme une danse à part entière car elle constitue un regroupement de plusieurs style de danses, avec des mouvements debout puis au sol. Il y a alors une opposition avec les danseurs puristes et conservateurs qui veulent garder le hip-hop à son état initial, et les danseurs de new style qui cherchent à moderniser le hip-hop en l’agrémentant d’autre mouvements.
  • Le Krump, né à Los Angeles au milieu des années 2000. Malgré son nom que l’on pourrait qualifié d’agressif, cette danse représente la joie de vivre malgré les guerres de gangs, les trafics de drogue et les affrontements contre les forces de l’ordre. Tout comme le hip-hop, cette danse cherche à canalisé agressivité et la colère des jeunes des bas quartiers dans une activité sportive et créative. Cette danse sera par la suite popularisée par les battle.
  • Le breakdance, né en 1970, comme son nom l’indique les danseurs doivent impressionner les autres participants de la battle au moment du break musical. On nomme les danseurs de breakdance les B-Boy ou B-Girl. James Brown dit du breakdance être un « style rythmé et parfois acrobatique ». Le but des B-Boy/B-Girl est d’impressionner en innovant des nouvelles figues et des nouveaux enchainements. Le breakdance est très complet car il se danse debout mais également au sol et il s’inspire des danses sud-américaine comme la capoeira, mais également de danses africaines et de figure de Kung-fu. Certaines danses russes et slaves s’inspirent de principes similaires à ceux du breakdance. La salsa a également influencé le breakdance. 





                     Clive Campbell alias Kool DJ Herc 









                                 Afrika Bambaataa 








                               

                             Le présentateur Sidney 

 




                  Le clip "Bouge de là" de Mc Solaar 




            Stomy Bugsy, membre du crew "Secteur Ä" 


               Joey Starr et Kool Shen du groupe NTM


                    Biggie à gauche et 2Pac à droite 







  
















                                      James Brown 







                    Don Cambell, créateur du Lockin'